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#Agriculture #Agroalimentaire #Elevage #Burundi
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Samedi 5 Septembre 2026 à 07:32

Le Burundi affiche une économie fortement dépendante de l’agriculture, qui représente 39,6 % du PIB et 84 % des emplois, mais dont la productivité reste limitée. Dans ce contexte, le gouvernement cherche à faciliter l’accès au financement pour stimuler les investissements dans le secteur.

Le gouvernement burundais a annoncé la mise en place, via la banque commerciale CRDB Bank Burundi, d’une facilité de crédit de 300 milliards de BIF (100,5 millions $) destinée aux investisseurs engagés dans l’agriculture, l’élevage, la transformation des produits agricoles et d’élevage ainsi que dans d’autres activités à fort impact économique.

Selon le communiqué du ministère des Finances publié le 22 août, cette facilité, proposée à un taux annuel de 5 %, pourra notamment financer l’acquisition de machines agricoles, d’équipements d’élevage et d’autres investissements nécessaires à la réalisation de projets productifs.

« Cette mesure complète la démarche engagée pour permettre aux investisseurs remplissant les conditions requises d’accéder à des terres domaniales destinées à des projets productifs », indique le ministère. Il précise toutefois que l’attribution d’une terre et l’octroi d’un crédit constituent deux procédures distinctes : la première relève du ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, tandis que les demandes de financement seront traitées par CRDB Bank Burundi.

Le mécanisme s’ajoute aux mesures prises ces dernières années pour améliorer les conditions de production, notamment la mise à disposition de semences améliorées et la subvention des engrais. L’exécutif entend ainsi « créer les conditions permettant de produire davantage et à plus grande échelle, de développer la transformation locale, de créer des emplois, de réduire les importations alimentaires et d’accroître les exportations du Burundi ».

Une agriculture centrale, mais confrontée à une faible productivité

L’enjeu est important pour l’économie burundaise. L’agriculture représente 39,6 % du PIB, 84 % des emplois et 95 % de l’offre alimentaire, selon les données du gouvernement. Elle constitue également la principale source de matières premières de l’industrie agroalimentaire. Malgré cette place centrale, le secteur reste confronté à une faible productivité, avec des rendements qui demeurent inférieurs à leur potentiel.

L’accès limité au financement constitue également un frein à l’investissement agricole. D’après le rapport pays 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), le crédit intérieur au Burundi s’est établi en moyenne à 30,4 % du PIB entre 2020 et 2024, contre 34,6 % pour l’ensemble de l’Afrique. En 2024, les financements bancaires se concentraient notamment dans le commerce, la construction et l’agriculture.

L’agriculture devrait néanmoins rester l’un des moteurs de l’activité économique à moyen terme. La BAD prévoit une croissance du PIB burundais de 4,3 % en 2026 et de 4,6 % en 2027, soutenue notamment par l’agriculture, les activités minières, la production électrique, le BTP, l’investissement et la consommation.

Le dispositif s’inscrit également dans la Vision Burundi 2040-2060, qui identifie l’agriculture comme un levier majeur de création de richesse. Le gouvernement prévoit notamment de porter à 10 % la part du budget consacrée au secteur agricole, contre 9,4 % en 2022, et d’améliorer les indicateurs de sécurité alimentaire à l’horizon 2040 et 2060.

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