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Agence Ecofin
20 juillet 2021 Dernière mise à jour le Mardi 20 Juillet 2021 à 11:27

Depuis quelques mois, le Bénin fait face à une hausse des prix des produits de base que l’Etat impute à la faible pluviométrie et à l’exportation massive de la production. Malgré le contrôle imposé récemment sur les produits exportés, l’INSAE indique qu’en juin, les prix ont encore grimpé de 2,7%.

Au Bénin, les ménages continuent de faire face à une explosion des prix des produits de première nécessité. C’est ce que révèle l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) du mois de juin 2021, publié par l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (INSAE).

D’après le rapport, les prix ont grimpé de 2,7% par rapport au mois précédent. Selon l’INSAE, cette hausse est due au renchérissement des prix de plusieurs produits alimentaires, et à celui de plusieurs services de base. Ainsi, la catégorie « produits alimentaires et boissons non alcoolisées » a vu ses prix grimper de 6,4% tandis que la catégorie « logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles » a connu une augmentation de 1,4% de ses prix.

Les produits alimentaires qui ont essentiellement contribué à cette hausse sont les légumes frais en fruits ou racine dont les prix ont grimpé de 42,1% en raison de la « rareté de la tomate fraîche locale, de l’oignon frais et de l’aubergine, qui engendre de fortes spéculations dans les marchés ».

Suivent les huiles (+13,4%) en raison de fortes spéculations sur les prix des huiles végétales telles que l’huile de palme, l’huile d’arachide et l’huile de coton. D’autres produits tels que les aliments à base de tubercules et de plantain ont également vu leurs prix grimper de 13,1% le mois dernier, en lien avec la hausse du prix du gari due à la faible production du manioc et aux spéculations.

La « rareté du piment, liée à la saisonnalité » a également entraîné une hausse des prix des produits « sel et épices » (+9,2%), tandis que les prix des poissons frais ont grimpé de 6,3% à cause d’une baisse de l’offre des produits, tels que le maquereau frais et le bar frais.

Quant aux céréales non transformées, leurs prix ont grimpé de 7,7% en raison de l’augmentation des prix du maïs séché « pour raison de saisonnalité », alors que les combustibles solides utilisés essentiellement pour la cuisine et la restauration ont vu leurs prix grimper de 11,9%, « en lien avec la baisse de l’offre dans les marchés du charbon de bois, du bois de chauffe et de la sciure ou copeaux de bois en cette période de pluie ».

Cette hausse des prix qui affecte le pouvoir d’achat des populations suscite le mécontentement d’une partie de la population, et a poussé il y a quelques semaines, les autorités à s’exprimer publiquement sur la situation. Dans un communiqué du Conseil des ministres publié le 16 juin, le gouvernement avait indiqué qu’aucune taxe n’a été instituée sur ces produits.

« Cette flambée des coûts découle, d’une part, de la faible pluviométrie observée depuis la dernière campagne agricole et, d’autre part, de l’exportation massive de la production vers les pays voisins ». En attendant des mesures plus spécifiques, les autorités ont institué un contrôle destiné à « éviter les sorties incontrôlées de produits agricoles ».

Cette mesure devait permettre de prioriser la consommation intérieure par rapport aux pays étrangers, mais elle ne semble pas avoir réussi à freiner cette flambée des prix des produits de base. Notons qu’en glissement annuel, cette variation des prix s’affiche en hausse de 4,6% par rapport au mois de juin 2020.

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