La Namibie ambitionne de devenir un leader mondial de l’hydrogène vert d’ici 2030, grâce à ses 10 GW de capacités solaires et éoliennes en développement, visant à exporter vers l’Europe via des partenariats allemands phares comme Hyphen Hydrogen (4 milliards USD).
Un potentiel solaire inégalé
Avec 300 jours de soleil par an et des vents constants sur la côte, la Namibie dispose de 1 000 GWc de potentiel renouvelable, surpassant l’Allemagne entière. Le projet Hyphen à Tsau//Khaeb (Tsumeb) combine 5 GW solaires, 2 GW éoliens et une usine d’électrolyse pour produire 350 000 tonnes d’H2/an, soit 2 millions de tonnes d’ammoniac vert, exportable vers l’UE via le port de Walvis Bay.
Ce méga-projet, soutenu par l’État namibien (20% du capital), mobilise 4 milliards USD et créera 15 000 emplois, transformant le désert du Namib en hub énergétique.
Partenariats allemands et géopolitique
L’Allemagne, en quête d’indépendance gazière post-Russie, finance via KfW et la Badenova ; un MOU de 2023 scelle l’export de 300 000 tonnes H2/an vers Hambourg dès 2028. D’autres acteurs (Strata-GN, 1,5 milliard USD) visent 2 millions de tonnes d’H2 d’ici 2030, couvrant 10% des besoins européens en ammoniac vert.
La Namibie attire aussi le Japon et les Emirats, positionnant son H2 à 1,5 USD/kg, compétitif face à l’Australie.
Enjeux et perspectives
Ces investissements pourraient générer 10 milliards USD/an d’exportations, représentant 20% du PIB, mais posent des défis : dessalement massif d’eau (500 millions m³/an), transmission (1 000 km de lignes HT) et formation locale. Avec une réglementation pionnière (Hydrogène Act 2023), la Namibie évite la malédiction des ressources en réservant 25% des revenus aux communautés et à la transition verte, propulsant sa croissance à 5% annuels.




















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