En Côte d’Ivoire, le cacao est le principal pilier de l’économie, représentant près de 40 % des revenus d'exportation. Mais dans l’ombre de l’or brun, l’hévéa s’est aussi considérablement développé depuis 2015.
Dans ses dernières prévisions sur le marché mondial, l’Association des pays producteurs de caoutchouc naturel (ANRPC) a révélé que la Côte d’Ivoire est sur le point de devenir le troisième producteur mondial de cette matière première, dépassant le Vietnam pour se positionner derrière la Thaïlande et l’Indonésie. Un tel basculement serait possible avec l’expansion continue de ses surfaces de caoutchouc et la forte productivité de ses petites exploitations.
Dans le pays d’Afrique de l’Ouest, la filière entend ainsi mettre en production 500 000 hectares d’hévéa d’ici 2036, qui s’ajouteront à environ 722 000 hectares actuellement.
Une décennie de performance sous le signe de la constance
Cette annonce de l’ANRPC vient confirmer la trajectoire remarquable de l’industrie ivoirienne du caoutchouc naturel sur la dernière décennie. Moins sous les feux des projecteurs que le cacao, la filière a pourtant été la plus performante du secteur agricole national sur la période, en termes de recettes rapportées au pays.
Alors que l’or brun et le cajou ont été caractérisés par une progression en dents de scie de leurs revenus entre 2015 et 2024, le caoutchouc n’a pas connu une seule année de repli. La valeur des exportations a explosé, passant de 296,3 milliards FCFA (environ 533,9 millions USD) à 1489,9 milliards FCFA (environ 2,7 milliards USD), avec des envois majoritairement orientés vers la Chine, l’Inde, la Malaisie et les Etats-Unis.
Désormais, le caoutchouc rapporte 3 fois plus à la Côte d’Ivoire que le cajou qui était pourtant devant au début de la décennie, et représente la seconde source de recettes derrière le cacao. Cette croissance a été portée par la hausse des volumes exportés, qui ont quadruplé, passant de 410 000 tonnes environ à 1,7 millions tonnes dans un contexte de forte demande de l’industrie mondiale du pneumatique.
La culture, portée en majorité par de petits planteurs, s’est étendue dans plusieurs régions forestières du pays, offrant une alternative au cacao et une source de revenus plus étalée sur l’année, via les saignées régulières des arbres.
Dans la première puissance agricole de l’UEMOA, l’enjeu est désormais de consolider ces gains en améliorant la productivité des plantations et la valeur ajoutée tirée de cette filière en plein essor. Le développement de la seconde transformation (fabrication de pneus, produits techniques, caoutchouc moulé, etc.) sera ainsi le prochain cap à franchir.




















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