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Aujourd'hui Dernière mise à jour le Vendredi 3 Avril 2026 à 08:34

Face à une crise éducative sans précédent, Khartoum cherche des alliés pour reconstruire son système scolaire. Le rapprochement avec Le Caire traduit cette urgence : former la jeunesse soudanaise avant qu’il ne soit trop tard.

Le gouvernement soudanais mise sur l’expertise égyptienne pour redresser un système éducatif à bout de souffle. Dans un communiqué publié le 24 mars par le ministère égyptien de l’Éducation et de l’Enseignement technique, les deux pays annoncent leur volonté de bâtir un partenariat renforcé.

Lors d’une réunion tenue au Caire, Mohamed Abdel Latif, ministre égyptien de l’Éducation et de l’Enseignement technique, a échangé avec son homologue soudanais Al‑Tohami Al‑Zain sur plusieurs chantiers prioritaires. Les discussions ont porté sur le développement des curricula, la refonte des systèmes d’évaluation et des examens et la modernisation de l’enseignement technique. La régularisation du statut des écoles soudanaises opérant en Égypte figurait également à l’ordre du jour.

Le contexte rend ce rapprochement d’autant plus concret. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), près d’un million d’enfants soudanais ont fui à l’étranger depuis le début du conflit, dont 25 % en Égypte. Le pays du Nil n’est donc pas seulement un partenaire diplomatique, il accueille déjà une part significative des déplacés scolaires soudanais.

L’enseignement technique, clé de voûte du partenariat

L’enseignement professionnel occupe une place centrale dans les échanges. Les réformes « Technical Education 2.0 » ont introduit en Égypte des curricula par compétences, l’apprentissage en milieu professionnel et des partenariats public‑privé, note la Fondation européenne pour la formation (ETF). Ces avancées bénéficient d’un appui de l’Union européenne via un programme de formation professionnelle doté de 45 millions d’euros.

Le ministre Al‑Zain dit vouloir s’inspirer de ce modèle. Il a également réaffirmé l’engagement de Khartoum envers les programmes de transition de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) pour moderniser son système éducatif.

Or, les chiffres parlent d’eux‑mêmes. Selon le Geneva Global Hub for Education in Emergencies, 54 % des écoles du pays se trouvent dans des zones de conflit, touchant 12,5 millions d’élèves. Neuf millions d’enfants ne peuvent pas retourner en classe, s’ajoutant aux 6,9 millions déjà non scolarisés avant la guerre.

Face à ce tableau, la coopération bilatérale ne saurait répondre à tout. Elle envoie néanmoins un signal fort. L’Égypte, dotée d’un plan stratégique national pour l’éducation couvrant 2024‑2029, se positionne comme un partenaire régional de référence. Khartoum, de son côté, multiplie les efforts pour éviter qu’une génération entière ne soit sacrifiée. Il reste à savoir si ces intentions se traduiront par des engagements tangibles.

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