À l’occasion du sommet Africa Forward, la relation entre la France et le Gabon s’impose comme un bon révélateur des nouveaux rapports de force en Afrique centrale. Paris reste le premier fournisseur du Gabon, avec une part de marché de 25%, tandis que les exportations françaises vers Libreville portent surtout sur les produits agroalimentaires, les machines, les pharmaceutiques et les biens agricoles.
Un partenariat ancien, mais contesté
Depuis l’indépendance du Gabon en 1960, les deux pays ont entretenu des liens denses dans les domaines diplomatique, militaire et économique. Cette relation s’est longtemps appuyée sur la présence de grandes entreprises françaises et sur un cadre politique très stable du point de vue français.
Mais ce modèle est désormais bousculé par la remise en cause de la “Françafrique”, la montée en puissance de nouveaux partenaires et l’affirmation d’une demande gabonaise de coopération plus équilibrée. Le contexte politique a aussi changé après le coup d’État d’août 2023, qui a ouvert une nouvelle phase de transition à Libreville.
Les chiffres clés
L’économie gabonaise reste relativement petite à l’échelle africaine, mais elle demeure stratégique en raison de ses ressources naturelles. Le PIB du Gabon atteignait 20,9 milliards de dollars en 2024, selon la Banque mondiale, avec un PIB par habitant de 8 230 dollars.
Côté commerce, la France a enregistré en 2024 un excédent commercial de 454 millions d’euros avec le Gabon, selon les données relayées par Africa24 sur la base du ministère français des Affaires étrangères. Les importations françaises en provenance du Gabon sont dominées par les hydrocarbures, qui représentent 68% des achats, et par le bois, à hauteur de 30%.
En 2024, les entreprises françaises restaient bien implantées dans le pays, avec 91 filiales, environ 12 500 salariés et un chiffre d’affaires cumulé proche de 3 milliards d’euros, selon Medef International.
Une coopération qui se redéfinit
La relation bilatérale se recentre aujourd’hui sur des secteurs jugés plus structurants, notamment les infrastructures, l’énergie, les transports et l’environnement. Paris soutient par exemple la rénovation du Transgabonais, un chantier emblématique pour la logistique et l’intégration territoriale du pays.
Sur le plan militaire, la présence française s’est nettement réduite, même si les deux capitales conservent un dialogue sécuritaire. France 24 indiquait en novembre 2025 que la présence militaire française était descendue à environ 100 soldats, contre 1 200 dans les années 2000.
Pour la France, l’enjeu est de démontrer qu’elle peut encore proposer des partenariats utiles, concrets et moins asymétriques. Pour le Gabon, l’objectif est d’attirer des investissements tout en diversifiant ses alliances et en renforçant la transformation locale de ses ressources.




















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