Le ministre nigérian des Finances estime que le pays amorce désormais une phase de consolidation économique, après deux années de réformes qui ont permis de stabiliser l'inflation, de renforcer la monnaie et de restaurer la confiance des investisseurs.
Le Nigeria devrait enregistrer une croissance économique de 4,68 % en 2026, grâce au reflux de l’inflation, une meilleure stabilité des taux de change et la poursuite des réformes structurelles, a annoncé le gouvernent le 15 janvier. « La croissance économique devrait atteindre 4,68 % en 2026. Le Nigeria avait dépassé la phase de gestion de crise de ces dernières années, et entre désormais dans une période de consolidation économique, où la stabilité devait se traduire par la croissance, la création d’emplois et l’amélioration du niveau de vie », a déclaré le ministre des Finances, Wale Edun (photo), lors du lancement du rapport sur les perspectives macroéconomiques du pays.
Cette prévision de croissance est supérieure aux estimations annoncées fin 2025 par la Banque centrale du Nigeria (4,49 %), et plus récemment par la Banque mondiale (4,4 %). Le ministre a également indiqué que les réformes difficiles engagées au cours des dernières années, dont la suppression des subventions aux carburants et l’unification des taux de change de la monnaie nationale, ont contribué à stabiliser les principaux indicateurs macroéconomiques, créant ainsi « une base pour une expansion durable ».
L’inflation, qui a atteint un pic supérieur à 33 % en 2024, est tombée à 14,45 % en novembre 2025. Elle devrait s’établir à une moyenne de 16,5 % en 2026. La volatilité des devises s’est également atténuée, le naira s’échangeant à moins de 1 500 unités pour 1 dollar, tandis que les réserves extérieures ont atteint 45,5 milliards USD.
Une nouvelle vague de réformes structurelles
M.Edun a cependant averti que l’administration du président Bola Tinubu ne peut désormais pas se permettre de suspendre ou d’abandonner son programme de réformes, ajoutant que le succès de la phase de consolidation déterminera si les progrès récents se traduiront par des emplois productifs et une prospérité partagée.
« La phase de consolidation sera soutenue par de nouvelles réformes structurelles, notamment la numérisation complète de la collecte des recettes publiques, l’amélioration de la transparence des finances publiques et la mise en place d’un cadre fiscal favorable aux pauvres, qui exonère les denrées alimentaires de base et les petites entreprises tout en élargissant l’assiette fiscale », a-t-il affirmé, évoquant également des mesures visant à améliorer le climat des affaires et à soutenir le développement du capital humain.
Il a par ailleurs balayé les inquiétudes récemment soulevées par certains experts concernant l’augmentation de la dette publique du pays, qui s’élevait à environ 152 000 milliards de nairas (environ 107 milliards USD), en insistant sur le fait que cette augmentation est principalement due à la transparence et aux ajustements du taux de change plutôt qu’à de nouveaux emprunts. Il a expliqué qu’environ 30 000 milliards de nairas de dettes correspondaient à des soutiens non comptabilisés de la Banque centrale (« Ways and Means »), tandis que près de 49 000 milliards de nairas résultaient de la réévaluation de la dette extérieure à la suite des réformes du taux de change.
« Malgré l’augmentation du montant nominal, le ratio dette/PIB du Nigeria a baissé à 36,1 % », a-t-il précisé, indiquant que ce taux reste l’un des plus bas en Afrique, et bien en dessous de la moyenne mondiale.




















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