Alors que le chômage des jeunes reste élevé en Afrique de l’Ouest et que le déficit de compétences freine la croissance économique, une initiative privée mise sur l’investissement massif dans la formation professionnelle pour renforcer l’employabilité des jeunes de la région.
La société Planet One a annoncé la semaine dernière des projets de formation technique et professionnelle d’une valeur de 327 millions de dollars dans trois pays d’Afrique de l’Ouest : le Togo, la Guinée et le Sénégal. Les initiatives visent à former environ 20 000 jeunes chaque année dans des secteurs variés comme l’agriculture, l’automobile, la construction et les énergies renouvelables, des domaines où la demande de main-d’œuvre qualifiée est forte.
Le modèle retenu repose sur une articulation entre investissement privé et engagements étatiques. Au Sénégal, Planet One dit s’associer directement avec les autorités pour développer 17 nouveaux centres de formation professionnelle sur l’ensemble du territoire. À en croire ses promesses, les curricula seront alignés sur les besoins des industries locales, avec une pédagogie intégrant une composante d’apprentissage pratique en entreprise. Pour le Togo et la Guinée, les détails opérationnels n’ont pas encore été précisés dans les sources disponibles.
Sanjeev Mansotra (photo), président du groupe, a mis l’accent sur l’agriculture comme levier prioritaire. « Nos centres de formation et de production agricoles encourageront l’engagement des jeunes dans l’agriculture et l’agrobusiness, et développeront des techniques pour renforcer la productivité, la transformation et les rendements des cultures », a-t-il déclaré, selon MyJoyOnline.
Diplômes ou débouchés : le vrai défi de la formation technique en Afrique
Au-delà des chiffres annoncés, Planet One pointe un paradoxe structurel. Malgré la hausse des taux de scolarisation, trop de jeunes restent en marge du marché du travail faute de formations adaptées. « La pertinence de la formation professionnelle et technique est soulignée par la taille du secteur informel, qui emploie plus de 85 % de la main-d’œuvre africaine », rappelle M. Mansotra.
Le groupe revendique un modèle de financement « innovant », sans en détailler les mécanismes. Le projet bénéficie notamment d’une ligne de crédit de 50 millions d’euros (environ 58 millions de dollars) accordée par la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO.
L’urgence est manifeste et bien documentée. Selon le rapport « Tendances sociales et de l’emploi 2026 » de l’Organisation internationale du travail (OIT), plus d’un jeune Africain sur cinq âgé de 15 à 24 ans est considéré comme NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation. Le même document indique que le ratio emploi/population pour cette tranche d’âge était d’environ 43 % en 2025, ce qui signifie que 57 % des jeunes n’étaient pas employés.
Pour rappel, l’Union africaine et l’OIT ont adopté en août 2024 la stratégie « YES-Africa », approuvée à l’unanimité par le Comité technique spécialisé sur le développement social, le travail et l’emploi. Ce cadre mise sur les partenariats public-privé et sur la montée en compétences des jeunes afin de provoquer une transformation structurelle durable du marché du travail.




















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