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Thibault Bluy
30 mars 2021 Dernière mise à jour le Mardi 30 Mars 2021 à 14:01

Comptant quelque 350 millions d’habitants aujourd’hui, l’Afrique orientale devrait en totaliser plus d’un milliard dans cinquante ans. Un nombre de bouches à nourrir qui pose au marché agricole autant de défis qu’il lui ouvre de perspectives.


L’Afrique de l’Est gagne 11 millions de nouveaux individus chaque année, d’après les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). « On est dans la zone géographique où la croissance démographique est la plus importante de la planète, confirme Vincent Abt, conseiller aux affaires agricoles à la Direction générale du Trésor française au Kenya. À la fois en termes d’habitants, d’emplois, de consommateurs, d’agriculture, les opportunités sont juste exponentielles ! »

croissance agricole

Accroître la productivité

Les surfaces agricoles sont équivalentes à 273 millions d’hectares, soit 1,6 fois leur taille à l’intérieur des frontières de l’Union européenne (UE). Les terres arables sont certes moins étendues (66 millions d’hectares contre 99), celles réservées aux pâturages sont presque quatre fois plus vastes (197 millions d’hectares contre 53).

Dans les pays du centre de la sous-région, les productions se concentrent sur le café, sur le thé et sur les fleurs. Dans le Nord – Éthiopie, Soudan – , ce sont davantage des animaux vivants qui sont exportés, notamment vers le Moyen-Orient. Sur l’ensemble de l’espace est-africain, les bovins sont au nombre de 173 millions (80 millions dans l’UE), les ovins/caprins de 286 millions (78 dans l’UE) et les porcins de 6 millions (contre 144 dans l’UE).

« Les ordres de grandeur par rapport à l’Europe parlent d’eux-mêmes. Après, on n’est pas forcément sur le même niveau de productivité, d’où les enjeux de développement, d’insémination, de génétique, pour faire produire tout ce qui pourrait être produit par les têtes de bétail dans la zone », commente Vincent Abt.

Impératif de long terme

En Afrique de l’Est, 74 % de la population est encore rurale. Le secteur agricole pèse 31 % du PIB. Il contribue à 56 % des exportations, et à 15 % des importations. Un volume et un potentiel qui attirent de nombreuses firmes françaises, à l’image du semencier HMClause, filiale du géant Limagrain, ou de Nutriset, spécialiste de la lutte contre la malnutrition.

« Nous sommes ouverts aux partenariats, expose Vimal Shah, CEO de Bidco Africa, leader sous-régional dans l’agro-alimentaire. La seule chose, c’est que nous devons nous associer sur le long terme. En Afrique, vous ne venez pas pour un temps court. Vous ne venez pas pour un an ou deux, pour engranger les bénéfices et vous en aller avec. Ici, vous devez vous inscrire dans la durée. Je crois que c’est crucial. L’opportunité doit être durable. Vous construisez, vous vous associez et vous grossissez. »

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