Thiéboudiène
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Denys Bédarride
28 décembre 2021 Dernière mise à jour le Mardi 28 Décembre 2021 à 07:10

Sur le continent africain, plusieurs pays affichent une grande diversité culinaire. Au-delà de simplement se nourrir, la gastronomie est un moyen de construire des identités et de véhiculer des cultures parfois au-delà des frontières nationales. 

Au Sénégal, le plat national « Thiéboudiène » (Ceebu jën en wolof) fait désormais partie de la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a fait cette annonce le 15 décembre dernier en marge de la 16ème session de son Comité intergouvernemental.

Originaire des villages de pêcheurs de l’ile de Saint-Louis, ce mets à base de riz brisé, de poisson et de divers types de légumes aurait été créé au 19ème siècle par Penda Mbaye, une cuisinière de la région. Depuis, sa consommation s’est propagée à toutes les zones du pays et s’est enracinée dans les habitudes alimentaires des Sénégalais.

En ajoutant, ce flambeau de la gastronomie sénégalaise à son catalogue, l’organisme onusien entend promouvoir le savoir-faire et les traditions culinaires qui y sont liées. 

« La qualité du poisson et le choix des légumes sont déterminés par l’importance de l’événement ou le degré d’affection que l’on porte à l’invité. La recette et les techniques de préparation se transmettent traditionnellement de mère en fille. Ce plat est lié à des pratiques culturelles spécifiques. Par exemple, il est interdit de s’asseoir avec un genou levé, le bol doit être tenu de la main gauche et les grains de riz ne doivent pas tomber en mangeant. Le ceebu jën et les pratiques qui y sont associées sont considérés comme une affirmation de l’identité sénégalaise », a indiqué l’UNESCO dans un communiqué.  

Avec cette inscription, le thiéboudiène rejoint d’autres arts culinaires comme le couscous du Maghreb, la pizza napolitaine, le kimchi sud-coréen, la bière belge, le café arabe et le nsima du Malawi.

Il faut noter que la popularité de ce mets va au-delà du Sénégal et s’étend à plusieurs nations d’Afrique de l’Ouest comme le Bénin, le Togo et la Côte d’Ivoire. Dans ce dernier pays, un festival dédié au plat dénommé « Festi-Tchep » se tient même chaque année depuis 2019.

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