La Turquie a progressivement renforcé ses liens économiques avec le continent depuis 2003 en utilisant plusieurs canaux, dont l’ouverture de représentations diplomatiques, les accords de coopération sécuritaire et les outils de soft power comme les organisations religieuses ou humanitaires.
La valeur des exportations turques vers les pays africains s’est établie à 19,4 milliards de dollars en 2024, enregistrant ainsi une hausse de 1,7% par rapport à 2023, selon des données publiées le 30 janvier par l’Assemblée des exportateurs de Turquie (TIM).
Le continent a absorbé 7,4% du total des exportations de la Turquie durant l’année écoulée, grâce notamment à la forte demande émanant des pays d’Afrique du Nord, a-t-on ajouté de même source.
Avec 3,5 milliards de dollars en 2024, l’Egypte est devenue la première destination des exportations turques vers l’Afrique.
La normalisation des relations entre les deux pays après plusieurs années de tensions diplomatiques provoquées par le soutien d’Ankara à la confrérie des Frères Musulmans a été à l’origine d’une hausse de 21,8% de ces exportations.
Deux autres pays d’Afrique du Nord figurent dans le top 3 des destinations africaines des exportations du pays émergent du Moyen-Orient : le Maroc (3,1 milliards $) et la Libye (2,5 milliards $).
Outre l’Egypte, les exportations turques ont connu de fortes augmentations vers d’autres pays africains comme le Ghana (+49,6% comparativement à 2023), le Nigeria (+9,1%), la Libye (+ 8,4%) et le Maroc (+6,9%).
La ventilation sectorielle des exportations turques vers l’Afrique durant l’année écoulée montre que le secteur des produits chimiques tient le haut du pavé avec 3,1 milliards de dollars, devant ceux des céréales, légumineuses, oléagineux et leurs dérivés (2,5 milliards $), de l’acier (2 milliards $), de l’industrie automobile (1,4 milliard $) et des produits électriques et électroniques (1,3 milliard $).
La politique africaine adoptée par la Turquie en 2023 a donné une grande impulsion à sa présence sur le continent.
Les échanges commerciaux bilatéraux sont passés de 3 milliards de dollars en 2003 à près de 41 milliards de dollars en 2022, alors que les entreprises turques ont réalisé 1977 projets d’infrastructures d’une valeur cumulée de 91,6 milliards de dollars en Afrique à la mi-novembre 2024, selon le vice-président turc, Cevdet Yılmaz.
La Turquie a utilisé plusieurs canaux pour accroître sa présence et son influence en Afrique, dont le renforcement de ses liens diplomatiques et la tenue de plusieurs sommets dédiés à la coopération bilatérale.
La présence turque en Afrique est également militaire. L’armée turque dispense des formations à certaines forces de sécurité africaines, comme c’est le cas en Libye et en Somalie.
A Mogadiscio, la Turquie a ainsi construit un centre de formation militaire pour former l’armée somalienne à la lutte contre le groupe extrémiste Al-Shebab.
Ankara est également un important exportateur d’armes, dont les célèbres drones Bayraktar TB2 et les véhicules blindés Kirpi, vers les pays africains.
La Turquie utilise par ailleurs des outils de soft power à l’instar de plusieurs autres puissances engagées en Afrique.
La Fondation Maarif, créée par l’Etat, a par exemple ouvert près de 180 écoles dans une trentaine de pays africains alors que des centaines d’étudiants africains sont encouragés chaque année, à travers l’attribution de bourses, à poursuivre leurs études dans des universités turques.
Des organisations religieuses ou humanitaires sont aussi très actives dans la construction de mosquées, d’hôpitaux et de centres de soins.
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