Après avoir franchi les premières étapes du recrutement de ses enseignants, la Côte d’Ivoire passe à une nouvelle phase. Le pays s’engage désormais à consolider l’enseignement des sciences et à développer les compétences pédagogiques afin d’assurer un meilleur encadrement des élèves.
Le gouvernement ivoirien cherche à renforcer l’enseignement scientifique au secondaire. À cet effet, il organise une session pédagogique pour les 2000 enseignants contractuels en mathématiques et sciences physiques déclarés admis provisoires à l’issue du test écrit. Le programme, inauguré lundi 30 mars par le ministre de l’Éducation nationale, N’Guessan Koffi (photo, au centre), durera deux semaines.
Valoriser les filières scientifiques en Côte d’Ivoire
Ce stage initial sera suivi d’un renforcement prévu pendant les grandes vacances, selon le communiqué officiel. Il vise à améliorer la qualité de l’enseignement et à développer les compétences pédagogiques des jeunes diplômés recrutés dès le bac+2.
« Dans notre pays, il arrive que certains élèves passent de la 6e à la 4e sans avoir bénéficié d’un seul cours de mathématiques et de physique-chimie. Face à cette réalité, le gouvernement a jugé nécessaire de lancer cette initiative exceptionnelle », a-t-il déclaré en marge de la première session de formation pédagogique.
D’après le communiqué, le perfectionnement s’étendra sur deux ans et sera intensifié durant la période estivale pour combler les lacunes identifiées. L’initiative traduit également une volonté de soutenir les filières scientifiques et d’augmenter le nombre d’ingénieurs formés pour accompagner le développement du pays.
Répondre à la hausse du taux d’admission au secondaire
Cette démarche intervient alors que le système éducatif ivoirien connaît une forte expansion du secondaire. Selon les données disponibles sur le portail officiel de l’économie ivoirienne, l’effectif des élèves dans le secondaire général est passé de 1,9 million au titre de l’année scolaire 2017-2018 à 3,2 millions en 2024-2025, soit un accroissement de 67,1 %. Le public concentre 36 % des effectifs de ce cycle.
Par ailleurs, le nombre d’établissements secondaires est passé de 1778 à 3901 entre 2017‑2018 et 2023‑2024, soit une hausse de plus de 119,4 %. La même source estime à 60,6 % l’augmentation du nombre de salles de classe sur la même période.
Dans cette configuration, la demande d’enseignants qualifiés en sciences s’est accentuée. Selon les autorités, le pays enregistre 1453 postes vacants en mathématiques et 958 postes vacants en physique-chimie.
Dans cette conjoncture, former des spécialistes et renforcer leurs compétences pédagogiques apparaissent comme une priorité. Cette démarche s’aligne sur les objectifs récents du gouvernement visant à améliorer l’offre éducative et soutenir l’employabilité des jeunes




















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