Ce nouveau programme de la Banque mondiale dans le Bassin du Congo permettra de réduire les émissions annuelles de gaz à effet de serre de 17,6 millions de tonnes équivalent CO₂ et d’accroître de 15 % la proportion de bois transformé légalement.
La Banque mondiale a approuvé un projet d’envergure visant à transformer les économies forestières en Afrique centrale. Baptisé « Programme pour des économies forestières durables du Bassin du Congo » (SCBFEP), il mobilise 1,02 milliard $, dont une première phase de 394,83 millions de dollars. C’est ce qu’indique l’institution dans un communiqué publié le 1er avril.
Cette première phase vise à améliorer la gestion forestière, renforcer les chaînes de valeur et créer 220 000 emplois au Cameroun, en République centrafricaine (RCA) et en République du Congo. Près de 8 millions d’hectares seront placés sous gestion durable.
Globalement, le programme ambitionne de réduire les émissions annuelles de gaz à effet de serre de 17,6 millions de tonnes équivalent CO₂, d’accroître de 15 % la proportion de bois transformé légalement, tout en soutenant les entreprises forestières communautaires, les systèmes agroforestiers et les zones de transformation dédiées aux PME.
Par ailleurs, plus de 500 PME et 20 000 personnes, dont 40 % de femmes, bénéficieront de formations, de financements et d’infrastructures pour renforcer les chaînes de valeur, tandis que plus de 7000 jeunes seront accompagnés dans leur parcours vers l’entrepreneuriat.
« Le Bassin du Congo est une ressource partagée, et sa durabilité dépend de politiques coordonnées et d’une coopération régionale étroite », a déclaré Marina Wes, directrice par intérim des programmes régionaux à la Banque mondiale. « En renforçant les institutions régionales, le programme améliore les normes du commerce du bois et crée une puissante plateforme d’apprentissage et de collaboration à l’échelle du Bassin », a-t-elle ajouté.
Ce programme intervient après que six pays du Bassin du Congo ont lancé en février dernier, avec l’appui de la Banque mondiale, des feuilles de route stratégiques pour le marché du carbone et le financement climatique dans le secteur forestier. Ces plans visent à permettre à chaque pays de s’engager de manière crédible et efficace sur les marchés mondiaux du carbone, en valorisant la capacité de leurs forêts à absorber le dioxyde de carbone (CO₂) et à attirer des financements.
Selon la Banque mondiale, le Bassin du Congo constitue le plus grand puits de carbone de la planète, absorbant davantage de CO₂ que l’Amazonie. Sa forêt tropicale joue un rôle vital : elle garantit la sécurité alimentaire, représente un soutien essentiel pour les populations autochtones et locales, et abrite des espèces menacées dont la survie dépend de cet écosystème unique.
« La préservation des forêts du Bassin du Congo est vitale non seulement pour l’avenir de l’Afrique, mais aussi pour celui du monde entier », indique la Banque mondiale. Cependant, les pays de la région ne perçoivent qu’une part marginale de la valeur totale des services écosystémiques forestiers qu’ils fournissent au monde.




















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