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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 14 Avril 2026 à 08:57

En Afrique du Sud, les agrumes constituent la principale source de recettes d’exportation du secteur agricole. Après une campagne de commercialisation record en 2025, la filière ambitionne de maintenir cette dynamique en 2026, malgré un contexte géopolitique qui affecte le commerce international.

En Afrique du Sud, la filière agrumes espère placer entre 210 et 215 millions de cartons de fruits, soit entre 3,15 et 3 225 millions de tonnes (1 carton = 15 kg) pour la campagne de commercialisation de 2026. C’est ce qu’indiquent les premières estimations de l’Association sud-africaine des producteurs d’agrumes (CGA), rapportées par le site spécialisé Fresh Plaza le mercredi 1er avril.

Cette prévision, si elle se réalise, signerait une progression d’au moins 3 % d’une année sur l’autre, ce qui effacerait par la même occasion le record de 3,05 millions de tonnes établi par la filière en 2025. Dans le détail, la catégorie des oranges représentée par les variétés Navel et Valencia, devrait se maintenir en tête des ventes en totalisant 1,39 million de tonnes soit plus de 40 % des volumes de fruits expédiés par la filière.

Toutefois, la hausse des exportations sera tirée par les pamplemousses, dont les volumes devraient croître de 16 % d’une année sur l’autre, suivis par le citron (+10 %). À contrario, les volumes d’oranges à exporter sont attendus en quasi-stagnation, tandis que ceux des mandarines devraient reculer d’au moins 3 %.

Entre ambitions et défis

La CGA reste toutefois prudente quant à la réalisation de ses prévisions préliminaires. La filière sud-africaine doit faire face à de nombreux défis externes qui pourraient changer la donne.

D’abord l’escalade militaire entre les USA, Israël et l’Iran qui a débuté fin février 2026, fragilise le commerce maritime et l’accès aux marchés du Moyen-Orient, un débouché agricole stratégique pour l’Afrique du Sud, y compris pour les agrumes. D’après la Chambre sud-africaine des entreprises agricoles (Agbiz), la région a absorbé 8 % des expéditions agroalimentaires réalisées par la nation arc-en-ciel en 2025, ce qui représente près de 1,3 milliard $.

« Le Moyen-Orient a longtemps été un marché important pour nos agrumes. Les perturbations tant au niveau de la demande que du transport – ainsi que l’effet domino international des retards d’expédition – constituent des risques dont chacun doit être conscient. Les tarifs d’expédition, eux aussi, ont fortement augmenté. Dans le même temps, certains marchés du Golfe maintiennent des plafonds de prix sur les agrumes au détail, limitant la capacité des exportateurs à compenser ces coûts logistiques plus élevés », soulignait pour sa part la CGA dans une note d’information publiée le 27 mars dernier sur la problématique.

Les données compilées sur la plateforme Trade Map montrent, par exemple, que les pays du Moyen-Orient ont importé pour près de 311 millions $ d’agrumes depuis la nation arc-en-ciel en 2024, ce qui représente 17,2 % des recettes d’exportation générées par la filière sud-africaine cette année-là.

D’un autre côté, l’escalade du conflit au Moyen-Orient a accru les risques pesant sur les marchés énergétiques mondiaux, exerçant une pression à la hausse sur les prix des carburants en Afrique du Sud. Une situation qui inquiète les acteurs de la filière agrumes. Et pour cause, le secteur reste fortement tributaire du transport routier. Environ 95 % de la récolte d’agrumes est acheminée par camion vers les ports alors que le carburant est un intrant essentiel dans la production, l’irrigation, la récolte, la transformation et la logistique, représentant entre 12 % et 18 % des coûts de production, selon les données officielles.

Alors que l’accès aux marchés du Moyen-Orient est déjà fragilisé, la hausse des coûts du transport est susceptible d’affecter les expéditions vers tous les autres débouchés de la filière sud-africaine. C’est dans ce contexte que le gouvernement a décidé d’introduire une réduction temporaire de la taxe générale sur les carburants de 3 rands par litre (0,16 $) du 1er avril au 5 mai 2026. D’après Agbiz, cette intervention apporte un allègement de 6 milliards de rands (355 millions $) et pourrait contribuer à limiter de nouvelles hausses de l’inflation alimentaire et des coûts de transport dans les prochains mois.

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