Avec ce projet, les deux pays prévoient d’améliorer l’approvisionnement en électricité et l’intégration régionale en Afrique australe.
La Namibie et l’Angola ont signé deux accords d’un montant total de 941 millions de dollars namibiens (soit 57,48 millions $) pour développer une interconnexion électrique transfrontalière, selon une publication de Namibia Mining and Energy du mardi 14 avril.
Ces accords ont été conclus entre les entreprises publiques NamPower et la Rede Nacional de Transporte de Electricidade d’Angola (RNT-EP) : le premier porte sur le projet d’interconnexion électrique Angola-Namibie (ANNA), tandis que le second concerne l’achat d’électricité.
Le projet ANNA prévoit la construction d’une ligne de 166 kilomètres, d’une capacité de 400 kV, reliant le poste de Kunene en Namibie à celui de Cahama en Angola, dont 30 kilomètres situés en Namibie. Le projet comprendra également des baies de raccordement, une infrastructure de transformation et un compensateur statique de puissance réactive à Kunene.
Cette infrastructure permettra à l’Angola de se connecter au Southern African Power Pool (SAPP) en tant que membre exploitant. Le projet devrait être achevé d’ici 2029.
« Face à la demande énergétique croissante dans la région de la SADC et aux contraintes d’approvisionnement persistantes, ce projet offre une solution concrète et novatrice. Le projet ANNA permet d’optimiser et de partager plus efficacement nos ressources énergétiques respectives », a déclaré le directeur général de NamPower, Kahenge Haulofu (photo), cité par Namibia Mining and Energy.
La Namibie fait face à un déficit énergétique chronique : le pays peine à atteindre un accès universel à l’électricité, estimé à 59,5 % en 2023, selon un rapport du National Energy Compact for Namibia. Il affiche l’un des tarifs d’électricité les plus élevés d’Afrique. Le pays ne produit qu’environ la moitié de l’électricité dont il a besoin et dépend fortement des importations, notamment d’Afrique du Sud et de Zambie. En outre, la production nationale d’électricité est majoritairement dominée par l’hydroélectricité et le solaire.
L’Angola, de son côté, malgré son immense potentiel en ressources énergétiques (pétrole, hydroélectricité, solaire), fait face à des défis majeurs en matière d’accès, de fiabilité et de transition durable. Selon des données de la Banque mondiale, 51,1 % de la population avait accès à l’électricité en 2023.
Des réponses structurelles aux défis énergétiques
La Namibie dispose d’un potentiel exceptionnel en matière d’énergies renouvelables, notamment solaire et éolien, parmi les plus élevés au monde. Elle s’est engagée à accroître la part des énergies renouvelables dans son mix de production, passant de 54 % actuellement à 70 % d’ici 2030.
L’Angola a promulgué en janvier 2025 une loi sur l’électricité, marquant une étape importante vers la libéralisation du secteur électrique national. Cette nouvelle législation vise à attirer les investissements privés, à améliorer l’efficacité opérationnelle et à soutenir la transition énergétique du pays.
Le directeur général de NamPower a également annoncé qu’une ligne de transport supplémentaire longue de 270 kilomètres entre les sous-stations d’Omatando et d’Otjikoto sera construite pour soutenir l’interconnexion et établir un corridor de transport entre les deux pays.




















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