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#Afrique #CocaCola #Investissements #Nigeria #AfriqueDuSud
Denys Bédarride
18 avril 2026 Dernière mise à jour le Samedi 18 Avril 2026 à 07:29

L’Afrique s’impose comme l’un des principaux pôles de croissance pour les multinationales de l’agroalimentaire, qui cherchent à tirer parti de l’urbanisation rapide et de l’essor démographique. Dans ce contexte, les boissons gazeuses figurent parmi les produits de grande consommation dont la demande reste soutenue.

The Coca-Cola Company prévoit un investissement de 17,6 milliards de rands (environ 1,03 milliard $) dans ses activités en Afrique du Sud d’ici 2030.

Selon un communiqué publié le 31 mars sur le site du groupe, ces fonds doivent permettre d’accroître les capacités de production, de renforcer la distribution et d’accélérer l’innovation sur l’ensemble de la chaîne de valeur du système Coca-Cola dans le pays. Celui-ci regroupe à la fois les activités de la société mère et celles de ses embouteilleurs agréés, dont Coca-Cola Beverages South Africa (CCBSA) et Coca-Cola Peninsula Beverages.

« Nous sommes optimistes quant à l’avenir de l’Afrique du Sud, avec une attention continue portée à l’investissement dans notre activité et dans des initiatives qui favorisent l’inclusion économique et une prospérité locale durable », indique Charl Goncalves, directeur général de Coca-Cola Peninsula Beverages.

Cette annonce fait écho à un plan d’investissement similaire dévoilé au Nigeria deux ans plus tôt. Le 19 septembre 2024, le directeur financier de la firme américaine John Murphy présentait à Abuja un projet de 1 milliard $ destiné au marché nigérian, étalé sur cinq ans.

Entre ces deux annonces, l’organisation du réseau d’embouteillage du groupe en Afrique a connu une évolution majeure.

Une recomposition du réseau d’embouteillage en Afrique

Jusqu’en 2024, le suisse Coca-Cola Hellenic Bottling Company (Coca-Cola HBC) n’était actif en Afrique qu’au Nigeria et en Égypte. En octobre 2025, l’embouteilleur a annoncé son intention de racheter Coca-Cola Beverages Africa (CCBA), principal embouteilleur du continent, présent dans 14 pays d’Afrique australe, dont l’Afrique du Sud.

L’opération prévoit l’acquisition de 75 % du capital pour 2,6 milliards $, avec une finalisation attendue au second semestre 2026, sous réserve d’approbations réglementaires. Dans le cadre de ce processus, Coca-Cola HBC dispose également d’une option pour acquérir les 25 % restants de CCBA, dans un délai pouvant aller jusqu’à six ans après la première transaction.

À terme, cette opération ferait de Coca-Cola HBC l’un des principaux embouteilleurs du système Coca-Cola en Afrique, dans un marché en recomposition.

Un marché africain sous pression concurrentielle

D’un autre côté, le renforcement des activités du système Coca-Cola dans les deux premières économies d’Afrique subsaharienne intervient alors que d’autres multinationales opérant sur le segment de boissons gazeuses avancent également leurs pions sur le continent.

A titre d’exemple l’indien Varun Beverages Limited (VBL), un des principaux embouteilleurs du fabricant américain de boissons PepsiCo, s’active sur les marchés africains. L’embouteilleur, qui revendiquait des sites de production industrielle dans sept pays à savoir l’Afrique du Sud, l’Eswatini, le Lesotho, la Zambie, le Zimbabwe, la RDC et le Maroc a finalisé en 2025 des démarches pour s’introduire au Ghana et en Tanzanie. Il prévoit prochainement d’installer un nouveau site industriel au Kenya.

Plus récemment, VBL a renforcé sa présence en Afrique du Sud avec l’acquisition de Twizza, finalisée en mars 2026 pour environ 2,1 milliards de rands (près de 124 millions $).

Dans ce contexte, les investissements annoncés par Coca-Cola au Nigeria et en Afrique du Sud traduisent une volonté de consolidation de ses positions face à une concurrence de plus en plus dynamique sur les marchés africains.

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