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Thibault Bluy
30 mars 2021 Dernière mise à jour le Mardi 30 Mars 2021 à 14:07

Dans le sous-continent oriental, les conditions sont réunies pour développer des services numériques de haute qualité, assurent des acteurs français basés sur place. Un fort potentiel de développement encore peu exploité, les implantations demeurant moins naturelles qu’en Afrique de l’Ouest francophone.

« Les infrastructures sont globalement très bonnes, apprécie Yoann Copreaux, PDG de Jenga, une agence de recrutement digitale à Nairobi. Ici, on a un écosystème qui a grandi, avec partout des espaces de coworking qui créent une ébullition entre start-up. Au niveau internet, on a la fibre donc on est servis, il n’y a aucun problème. Pour l’électricité, il y a quelques coupures de temps en temps, mais en général dans les coworking spaces des générateurs prennent le relais, donc on arrive parfaitement à servir nos clients qui sont en Europe ou aux US. »

Le jeune patron vante également les avantages comparatifs de l’environnement kenyan pour la délocalisation des centres d’appel. La main-d’œuvre y est meilleur marché qu’en Europe de l’Est, et, par rapport à l’Inde, le fuseau horaire est mieux adapté à celui du Vieux Continent. Dans ces ex-colonies majoritairement britanniques, il n’est pas non plus difficile de trouver des opérateurs parfaitement anglophones.

« Foncer sur tous les e-services »

« Pour attaquer tout le marché du numérique en Afrique, je pense sincèrement que l’Afrique de l’Est est une véritable belle porte d’entrée, et se poser avec un headquarter sur l’Afrique de l’Est pour après rayonner sur l’ensemble du continent, ça fait vraiment sens », confirme Juliette Vivier, CEO de Hiventy Asia & Africa.

La représentante du distributeur de contenus audiovisuels, également installée au Kenya – où une centaine de firmes tricolores emploient quelque 10 000 travailleurs locaux – , évoque une industrie des nouvelles technologies aux multiples opportunités : « J’aurais envie de dire aux investisseurs français de vraiment foncer sur tous les e-services, que ce soit sur la santé, l’éducation, l’énergie, l’agriculture, et évidemment le gaming. La pénétration de nos jeux vidéos sur l’Afrique est de moins de 1 %, alors que nous sommes l’un des fleurons mondiaux du secteur. »

« Nouvelle frontière »

Pour Yoann Copreaux, qui a repris il y a peu la présidence de l’antenne kenyane de la French Tech, il y a encore beaucoup à faire pour développer ce réseau qui reste « embryonnaire ». « Dans tous les cas, on doit s’ouvrir à l’écosystème tech local, parce que si on reste entre Français ça risque d’être assez restreint », diagnostique cet expert.

Pour des raisons linguistiques, mais aussi de meilleure connaissance du contexte, les sociétés hexagonales sont naturellement plus actives dans les pays des anciennes Afrique occidentale (AOF) et équatoriale françaises (AEF). Depuis le début de son quinquennat, le président Emmanuel Macron affiche cependant une volonté d’être davantage présent dans la partie orientale du continent, plus dynamique économiquement, comme en témoigne la longue visite qu’il y a réalisée en mars 2019.

« L’Afrique de l’Est demeure un marché mal connu et une ‘nouvelle frontière’ à faire franchir à nos PME et à nos ETI », présentait ainsi Business France dans le programme de son « Atelier Afrique de l’Est » organisé jeudi 25 mars 2020.

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