En lançant son plan national pour le secteur énergétique dans le cadre de la Mission 300, le Burundi rejoint d’autres pays africains qui structurent leurs objectifs dans un cadre élargi afin de répondre à d’immenses défis d’électrification.
Avec un taux d’accès à l’électricité de seulement 25,9% en 2025, dont 8% reliés au réseau et 17,9% via des solutions décentralisées, le Burundi figure parmi les pays les moins électrifiés du continent africain et du monde. Face à ce constat, Bujumbura vient de présenter son plan national pour le secteur énergétique appelé « COMPACT National ». Aligné sur l’initiative Mission 300 de la Banque mondiale, il porte l’ambition claire d’accélérer considérablement l’accès à une énergie fiable, abordable et propre.
D’ici 2030, l’objectif est de fournir de l’électricité fiable à 70% et des solutions de cuisson propre à 40% de la population, en appliquant une stratégie combinant extension du réseau et développement du solaire décentralisé. Le gouvernement prévoit ainsi de multiplier par 3,5 la capacité installée et la production électrique en cinq ans, soit un bond sans précédent pour un système qui repose aujourd’hui sur seulement 204,9 MW, majoritairement hydroélectriques (79%).
Le financement devrait venir de diverses sources. Le plan évalue ses besoins à 3,49 milliards USD, dont le gouvernement s’engage à mobiliser 1,95 milliard tout en appelant le secteur privé à contribuer à hauteur de 1,54 milliard. Pour un pays où les producteurs indépendants ne représentent encore que 18,5% de l’offre, il s’agit d’un véritable test de confiance.
Enfin, la Vision 2040-2060 du Burundi dans laquelle s’inscrit aussi le COMPACT National, fixe un horizon encore plus ambitieux de 100% d’accès à l’électricité, dont 80% via le réseau et 20% via le solaire décentralisé, le tout issu à 99% de sources renouvelables. Relever ce défi sera capital pour ce pays de plus de 12 millions d’habitants dont l’économie est soutenue par un engagement des partenaires au développement.
L’inscription de ces objectifs dans le cadre de la Mission 300 offre un levier précieux. L’initiative revendique avoir déjà permis de connecter 30 millions de personnes depuis son lancement, et prévoit d’en atteindre 100 millions supplémentaires prochainement. Elle réunit en outre plusieurs bailleurs de fonds internationaux, ce qui pourrait contribuer à mobiliser une partie du financement espéré par le Burundi.




















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