Pour transformer sa production naissante en revenus, l’Ouganda mise sur de nouvelles infrastructures de stockage qui conditionnent la réussite de ses premiers projets pétroliers.
Dans une étude relayée le 16 septembre, le fournisseur de données et d’analyses GlobalData a indiqué que l’Ouganda se positionnera comme le premier contributeur aux ajouts de stockage pétrolier et gazier sur le continent africain à l’horizon 2030 devant le Nigeria et le Ghana.
Cette projection s’appuie sur les grands projets en cours autour de l’oléoduc EACOP et de la raffinerie de Hoima d’une capacité prévue de 60 000 b/j, qui nécessitent tous les deux la construction de nouvelles capacités de stockage pour accompagner le lancement des champs Tilenga et Kingfisher attendu d’ici 2026.
Le projet EACOP, budgétisé à environ 5 milliards de dollars, prévoit ainsi un terminal marin à Tanga équipé de quatre réservoirs de 500 000 barils chacun. Selon l’Étude d’impact environnemental et social du projet, ces réservoirs seront chauffés pour maintenir le brut au-delà de 63 °C. Ce volume représente environ neuf jours de production combinée des deux champs, dont le pic attendu est de 230 000 b/j (190 000 pour Tilenga, 40 000 pour Kingfisher).
En Ouganda, le terminal de Jinja, déjà opérationnel, stocke 30 millions de litres (soit environ 188 000 barils, moins d’un jour de production). Un nouveau terminal est prévu à Kampala avec 320 millions de litres, l’équivalent de 2 millions de barils. Ces capacités complètent les installations de traitement (CPF) de Tilenga et Kingfisher, qui servent de points tampons avant l’acheminement vers la raffinerie ou l’exportation.
Le brut ougandais est cireux ce qui fait qu’il doit être maintenu à haute température (environ 50–63 °C) tout au long du transport. Sans réservoirs adaptés pour absorber et réguler les flux, ni l’exportation via l’EACOP ni l’alimentation de la raffinerie locale ne peuvent fonctionner.
Dans ce contexte, le stockage apparaît comme le maillon critique qui conditionne l’écoulement des premiers barils et, par conséquent, la rentabilité des investissements alors que les autorités évoquent jusqu’à 2,5 milliards USD de recettes annuelles une fois la production à plein régime.
Outre la réduction de sa dépendance aux importations de produits pétroliers, l’Ouganda espère se positionner face à ses voisins du Kenya et de la Tanzanie, déjà dotés de hubs pétroliers à Mombasa et Dar es Salaam.




















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