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#Agriculture #Alimentation #Production #Riz #Riziculture #Tanzanie
Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 30 Avril 2026 à 08:27

En Tanzanie, le riz est la deuxième céréale cultivée après le maïs. Déjà autosuffisant dans cette denrée, le pays cherche à augmenter la productivité pour développer le commerce intrarégional de la céréale.

En Tanzanie, le gouvernement veut porter la production locale de riz paddy à 8 millions de tonnes par an d’ici à 2030. C’est ce qu’a annoncé Peter Msoffe, Secrétaire permanent adjoint au ministère de l’Agriculture, chargé du développement des cultures et de la sécurité alimentaire, dans des propos relayés par les médias locaux le 4 avril dernier.

Cette projection, si elle se réalise, marquerait un niveau trois fois plus élevé que la production de 2,6 millions de tonnes enregistrée au terme de la campagne agricole de 2024/2025. Si aucune stratégie de développement n’est encore annoncée, l’atteinte de ces objectifs implique la levée de certains obstacles structurels qui empêchent encore la filière tanzanienne de réaliser son plein potentiel.

Selon les données officielles, le rendement moyen du riz paddy en Tanzanie est estimé à 3,2 tonnes par hectare, soit un niveau presque deux fois plus bas que le potentiel réalisable évalué à 6 tonnes par hectare. Plusieurs pistes peuvent être explorées pour combler cet écart de rendement.

Selon les autorités, il ne suffira pas d’étendre les surfaces cultivées, il faudra également opérer un changement radical dans la qualité des intrants, notamment en adoptant des variétés de semences résistantes à la sécheresse, en améliorant la gestion de l’eau et en généralisant l’utilisation des technologies d’agriculture de précision. Le renforcement de la mécanisation agricole et de la gestion des pertes post-récolte a également été évoqué.

Des intérêts sur le segment de l’exportation

La Tanzanie est autosuffisante en riz usiné depuis plusieurs années et exporte son surplus de production dans la sous-région est-africaine. Les données compilées par le ministère de l’Agriculture montrent par exemple que la production locale de riz usiné s’est élevée en moyenne à 2,43 millions de tonnes par an entre les campagnes 2019/2020 et 2023/2024. Sur la même période, les besoins du marché intérieur étaient évalués à près de 1,2 million de tonnes par an.

Dans ce contexte, l’enjeu d’augmenter la production locale sera d’accroître le volume du surplus exportable, principalement à destination des pays de la sous-région est-africaine.

Il faut noter que les exportations tanzaniennes de riz usiné sont irrégulières ces dernières années. Selon les données compilées sur la plateforme Trade Map, le pays d’Afrique de l’Est a exporté près de 387 066 tonnes de riz usiné en moyenne par an entre 2020 et 2024, avec un pic de 622 422 tonnes enregistré en 2022. Sur la même période, les recettes générées par ces exportations se sont élevées à près de 191 millions $ par an. Parmi les principales destinations figurent notamment l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda et la RDC.

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