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Agence Ecofin
7 mars 2022 Dernière mise à jour le Lundi 7 Mars 2022 à 10:31

Alors que la majorité des fonds d’aide destinés au climat sont orientés vers l’atténuation des émissions, l’Afrique avec moins de 4% de la pollution mondiale a du mal à s’adapter. Face au manque de financements dédiés à ce volet, les pays africains essaient de financer leurs adaptations.

Selon les estimations du Think Tank Power Shift Africa, l’Ethiopie dépensera 6 milliards $ à l’horizon 2030 pour s’adapter aux changements climatiques. L’information est fournie par le rapport« S’adapter ou mourir, une analyse des stratégies africaines d’adaptation au climat » publié ce lundi 28 février par Power Shift Africa.

« Pour faire face aux changements climatiques, l’Ethiopie a établi une série de mesures d’adaptation à mettre en œuvre jusqu’en 2030. Elles devraient coûter 6 milliards $ par an. Ce qui équivaut à environ 5,6 % du PIB actuel », peut-on lire dans le rapport.

Le pays et toute la région de la Corne de l’Afrique subissent la sécheresse la plus dure de ces 40 dernières années. Elle a causé la mort de plus de 1,5 million de têtes de bétail dans la région, dont 1,4 million au Kenya, selon les Nations unies. Pourtant, du côté des nations développées, les promesses de  financements aux pays en développement, responsables de seulement 4% des émissions de gaz à effet de serre, ne sont pas suffisantes.

Au terme de la COP 26, en novembre 2021, le projet d’accord élaboré promet que d’ici 2025, les pays riches doubleront leurs financements actuels pour aider les pays pauvres à s’adapter aux impacts climatiques. Mais, jusque-là, aucun chiffre n’a été évoqué. En 2009, les pays développés s’étaient engagés à injecter 100 milliards $ par an pour soutenir les efforts des pays les plus pauvres dans les initiatives liées au climat.

Seulement ¼ de ces fonds sont consacrés à l’adaptation et en plus, l’engagement n’a pas été respecté. 80 milliards $ ont été mobilisés par an et 57% de ces fonds ont été mobilisés sous la forme de prêts créant de la dette pour des pays déjà pauvres.

Les pays se tournent alors vers des fonds internes, à défaut d’obtenir des financements pour l’adaptation aux changements climatiques. Selon Power Shift Africa, le Soudan du Sud, deuxième pays le plus pauvre du monde, devrait consacrer 3 % de son PIB par an, soit 376 millions de dollars, à l’adaptation. L’Afrique du Sud devrait y consacrer plus de 2 milliards de dollars par an. La Sierra Leone, par exemple, devrait y investir 90 millions $.

Pour Mohamed Adow, directeur de Power Shift Africa, « ce rapport montre la profonde injustice de l’urgence climatique ».

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