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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 12 Mars 2026 à 07:54

Au Kenya, le secteur agricole contribue à hauteur de 22,5 % au PIB et emploie environ 46 % de la population active. Alors que l’agriculture est encore majoritairement pluviale, le gouvernement mise sur l’expansion de l’irrigation pour améliorer la résilience climatique et la productiité du secteur.

Le gouvernement du Kenya a lancé le 26 février dernier les travaux du projet d’irrigation de Kobong’o, dans le comté de Kisumu. D’un coût total de 650 millions de shillings (5 millions $) financés par la Hongrie, ce projet prévoit la modernisation et l’extension du périmètre irrigué d’Ahero principalement consacré à la riziculture.

Selon les informations relayées par le média local The Star, ce projet mis en œuvre par l’Autorité nationale de l’irrigation (NIA), permettra concrètement de convertir la station de pompage d’Ahero en un système hybride alimenté par une centrale solaire de 500 kilowatts qui couvrira 400 hectares supplémentaires. Le projet, d’une durée de 26 mois, devrait être achevé en février 2027.

« Il devrait créer 5 000 emplois directs et 10 000 emplois indirects et générer environ 250 millions de shillings [1,9 million $] par an une fois pleinement opérationnel. Ces retombées économiques s’inscrivent dans la Bottom-Up Economic Transformation Agenda [BETA], la stratégie gouvernementale visant à renforcer la productivité agricole, réduire les importations alimentaires et soutenir les revenus ruraux », a déclaré Eric Mugaa, ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Irrigation.

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Un coup de pouce pour renforcer la production rizicole

Au Kenya, le périmètre irrigué d’Ahero est le deuxième site de production rizicole après celui de Mwea. Selon les données compilées par le Bureau national des statistiques (KNBS), ce site a permis de produire 32 768 tonnes de riz paddy en 2023/2024, soit environ 11 % de la production nationale, estimée à 293 627 tonnes durant cette campagne.

Dans ce contexte le nouveau projet d’expansion annoncé, une fois opérationnel, devrait contribuer à améliorer l’offre sur le site d’Ahero, mais aussi soutenir la dynamique de croissance de la production rizicole kényane.

Il faut noter que la récolte de paddy au Kenya a augmenté de 51 % en cinq ans, passant de 192 473 tonnes en 2020 à 290 447 tonnes en 2024, selon les estimations officielles du KNBS. Toutefois ce niveau de production reste encore largement insuffisant face à la demande sur le marché intérieur.

Selon les données compilées sur la plateforme Trade Map, le Kenya a importé 897 977 tonnes de riz blanchi, d’une valeur estimée à près de 504,8 millions $, ce qui en fait le premier importateur de cette céréale en Afrique de l’Est.

Plus largement ce nouvel investissement avec l’appui de la Hongrie confirme la volonté du gouvernement de développer l’agriculture irriguée en dehors de la riziculture. Dans son discours sur l’État de la Nation effectué le 20 novembre 2025 le président William Ruto affichait pour ambition de porter à près de 1 million d’hectares les superficies agricoles irriguées entre 2030 et 2032.

En comparaison, la FAO évaluait à seulement 288 000 hectares, la superficie agricole totale équipée pour l’irrigation dans le pays en 2023. D’après le ministère de l’Eau et de l’Irrigation, des sites prioritaires prévus pour accueillir de nouveaux projets d’irrigations au cours des prochaines années ont été identifiés dans les comtés de Mandera, Machakos, Kisumu, Laikipia ou encore dans le Turkana.

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