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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Lundi 8 Juin 2026 à 08:35

Le Mozambique est actuellement le pays le plus touché par l’épidémie de choléra qui frappe principalement l’Afrique australe depuis le début de l’année 2026. Face à cette situation, le gouvernement veut renforcer la riposte à travers un vaste programme d’investissement.

Le gouvernement mozambicain a présenté le 22 mai à Genève son Plan national d’élimination du choléra en marge de la 79ᵉ Assemblée mondiale de la santé organisée par l’OMS. D’un coût total évalué à 500 millions $, ce plan quinquennal vise à éliminer l’infection comme problème de santé publique d’ici à 2030 et à réduire d’environ 90 % la mortalité associée à la maladie.

Selon les informations relayées par le média local 360 Mozambique, la nouvelle feuille de route prévoit des interventions intégrées dans plusieurs domaines, notamment la vaccination, la surveillance épidémiologique, l’extension de l’accès à l’eau potable, le renforcement des infrastructures d’assainissement ainsi que l’amélioration des capacités de réponse sanitaire au niveau communautaire dans les zones les plus exposées.

Il convient de rappeler que le choléra est une maladie diarrhéique sévère d’origine bactérienne, provoquée par la consommation d’aliments ou d’eau contaminés, et qui peut entraîner la mort en quelques heures, en l’absence de traitement.

Maputo mise sur l’appui de ses partenaires internationaux et financiers présents lors de l’Assemblée mondiale de la santé pour mobiliser les ressources financières dont il a besoin. « Nous sommes ici pour présenter l’engagement du gouvernement à éliminer le choléra et aussi pour mobiliser un soutien afin d’accélérer la mise en œuvre de ce plan », a déclaré Ussene Isse, ministre mozambicain de la santé.

Le Mozambique au cœur d’un contexte sous‑régional sous tension

Cette annonce intervient dans un contexte de recrudescence du choléra en Afrique australe. Selon l’OMS, cinq pays touchés par des flambées épidémiques dans la sous‑région ont enregistré 4 320 cas et 56 décès entre le 1ᵉʳ janvier et le 15 février 2026, contre 586 cas et 11 décès sur la même période un an plus tôt. Le Mozambique représente à lui seul près de 90 % des cas signalés dans la sous‑région.

Dans ce contexte, le Mozambique est devenu en février dernier le premier pays à relancer une campagne de vaccination préventive contre le choléra après plus de trois années de suspension liées à la pénurie mondiale de vaccins anticholériques oraux. Le pays a déjà reçu une première allocation de 3,6 millions de doses dans le cadre d’un programme international soutenu par l’OMS, l’UNICEF et l’Alliance Gavi en 2026.

La reprise de ces campagnes préventives intervient alors que l’approvisionnement mondial en vaccins contre la maladie s’est nettement amélioré. Selon les partenaires internationaux, la production annuelle est passée d’environ 35 millions de doses en 2022 à près de 70 millions de doses en 2025, permettant de renouer progressivement avec des stratégies de prévention à grande échelle.

Pour les organisations sanitaires, la vaccination ne constitue toutefois qu’un volet de la réponse. L’amélioration durable de l’accès à l’eau potable, de l’assainissement et de l’hygiène demeure essentielle pour réduire durablement les risques de flambées épidémiques.

Au Mozambique, la mise en œuvre rapide du plan d’élimination du choléra apparaît d’autant plus cruciale que les perspectives régionales en Afrique australe se dégradent. Selon les projections publiées par l’OMS en février dernier, la région pourrait enregistrer entre 12 000 et 22 000 nouveaux cas de choléra entre mars et août 2026, dans les scénarios les plus probables.

« De nombreux facteurs contribuent aux épidémies de choléra en Afrique australe, à savoir les cyclones tropicaux, les inondations ayant touché l’Afrique du Sud, le Malawi, le Mozambique et la Zambie, les conflits et les déplacements de populations, ainsi que l’insuffisance des systèmes urbains d’approvisionnement en eau », indique l’organisation onusienne pour expliquer ces prévisions pessimistes.

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