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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 2 Juin 2026 à 08:54

Face à une demande universitaire qui croît de manière exponentielle et un marché du travail saturé par les diplômés, renforcer le corps enseignant du supérieur est devenu une priorité nationale incontournable pour le gouvernement ivoirien.

La Côte d’Ivoire veut accélérer la mise à niveau de son capital humain universitaire. Pour ce faire, le gouvernement a lancé, le 26 mai, les inscriptions au concours de recrutement d’enseignants du supérieur et de chercheurs, session 2026. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (MESRS), le professeur Adama Diawara, en a fait l’annonce officielle via un communiqué de la Direction des ressources humaines (DRH).

Les inscriptions se font exclusivement en ligne jusqu’au 22 juin 2026. En parallèle, une visite médicale est obligatoire en vue de la délivrance du certificat de non-bégaiement. Elle se tient au centre médical de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) sur la même période. Les dossiers physiques sont ensuite déposés au niveau du district de l’UFHB, du 28 mai au 26 juin 2026.

Un secteur sous haute tension

Ce recrutement arrive à point nommé. Le nombre d’étudiants a connu une croissance exponentielle, passant de 66 237 en 2011 à 346 786 en 2025. Dans le même temps, le nombre d’enseignants dans les établissements supérieurs publics est passé de 1059 en 2011 à 6082 en 2024, ramenant le ratio étudiants/enseignant à 20, contre 63 en 2011. Un progrès réel, mais encore insuffisant. Le portail officiel de l’économie ivoirienne identifie parmi les défis persistants le manque d’enseignants dans certaines spécialités, la faiblesse du rendement interne et externe du système, ainsi que l’insuffisance du financement de la recherche et de l’innovation.

Sur le front de l’emploi, le tableau est tout aussi tendu. Le marché du travail ivoirien ne génère qu’environ 8000 postes de cadres pour plus de 40 000 diplômés chaque année. Plus de 300 000 diplômés sortent chaque année des universités et centres de formation, alors que le secteur formel ne crée que moins de 10 % des emplois disponibles, selon une étude publiée dans la Revue française d’économie en mai 2025. Le gouvernement recrute plus de 600 enseignants-chercheurs par an depuis cinq ans pour contenir ce déséquilibre.

Le concours 2026 s’inscrit pleinement dans cette dynamique. Pour soutenir cet effort, le budget du MESRS pour 2026 s’établit à 338,78 milliards FCFA (environ 600 millions USD) en progression de 3,14 % par rapport à 2025.

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