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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Jeudi 4 Juin 2026 à 08:20

Face à un chômage qui touche 32 % des 15‑24 ans en 2024 selon le GSS, Accra engage une réforme de fond de ses universités techniques pour aligner leur pédagogie sur les besoins industriels et réduire le décalage persistant avec le marché du travail.

Ces campus sont nés de la conversion des polytechniques en institutions universitaires, décidée il y a une décennie. Cette mutation avait pour objectif d’élever le niveau de la formation technique nationale. Elle devait mieux connecter les diplômés à la vie active. John Dramani Mahama a reconnu que les objectifs fixés à l’époque n’ont pas encore été pleinement atteints. Pour combler ce retard, il a annoncé l’inscription de 10 millions de cedis, environ 860 000 dollars par site, au budget 2027. D’après le communiqué, ces fonds financeront l’extension des infrastructures, le renouvellement des équipements et la modernisation des laboratoires.

La pédagogie duale, nouveau cap pour les universités techniques

Le chef de l’État a enjoint les institutions à revoir leur approche pédagogique. Elles devront adopter « une formation pratique, fondée sur les compétences et alignée sur le modèle allemand ». Ce dispositif repose sur une alternance stricte entre formation en entreprise et enseignement théorique. Il forge des techniciens directement opérationnels dès la fin de leur cursus. En Allemagne, cette méthode constitue le socle d’un des marchés de l’emploi les plus performants au monde. Le Ghana entend s’en inspirer pour bâtir une main‑d’œuvre qualifiée et répondre aux exigences de son tissu productif.

Le secteur de l’ingénierie, de l’énergie renouvelable et de la fabrication constitue la cible prioritaire de cette réorientation. Accra souhaite nouer une relation symbiotique entre les pôles académiques et l’appareil industriel. Cette synergie devra « utiliser les ressources industrielles pour l’innovation et l’avancement technologique », a précisé John Dramani Mahama.

Un élargissement du réseau est prévu pour accompagner ce chantier. Deux nouveaux instituts seront créés, à Jasikan dans la région d’Oti et à Techiman en Bono Est. Une université des sciences et technologies sera en outre implantée dans la région de Savannah. Cette expansion cible les zones du nord du territoire, historiquement sous‑dotées en infrastructures d’enseignement supérieur. L’objectif est de corriger un déséquilibre géographique qui freine l’essor de ces régions.

Par ailleurs, un Fonds TVET (formation technique et professionnelle) est en vue pour soutenir l’éducation scientifique à l’échelle nationale. L’État a déjà investi 5 millions de dollars dans six laboratoires par campus à Takoradi et Kumasi. Ces équipements couvrent l’électronique, la fabrication avancée et les énergies solaire et éolienne.

Réduire le chômage juvénile, priorité déclarée du gouvernement

Ces pôles académiques doivent devenir « le moteur d’une économie ghanéenne fondée sur la connaissance », a affirmé le président. L’enjeu dépasse la seule modernisation des sites. Le pays doit produire des créateurs d’emplois, non des demandeurs. Les établissements sont conviés à collaborer étroitement avec le secteur privé pour dynamiser la recherche appliquée. Ils constitueront, selon le chef de l’État, « le pont entre le monde de la science et celui de l’industrie ». Ce positionnement vise à transformer les diplômés en entrepreneurs capables de générer de la valeur. Ces derniers devront être à même de lancer des entreprises et d’innover. Les instituts sont par ailleurs invités à valoriser leurs équipements dans le cadre de projets menés avec les acteurs du secteur manufacturier.

Cette initiative intervient alors que le chômage juvénile demeure une urgence nationale. En 2024, le taux de sans‑emploi chez les 15‑24 ans atteignait 32 %, selon le Ghana Statistical Service (GSS). Cette tranche d’âge représentait sept chômeurs sur dix au Ghana. Le taux global de demandeurs d’emploi a reculé à 13,1 % au quatrième trimestre 2024, contre 14,9 % début 2023, selon la même source. Mais le GSS avertit que ces progrès restent fragiles et que les gains peinent à atteindre la jeunesse. L’institution recommande d’aligner les réformes TVET sur les besoins du marché et de renforcer les programmes d’apprentissage et de placement.

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