Alors que le Sénégal fait face à un nombre élevé de jeunes exclus de l’école et de l’emploi, les autorités renforcent les dispositifs d’inclusion pour répondre aux enjeux d’équité, de formation et d’employabilité dans un contexte de transformation économique.
Le Sénégal accélère sa stratégie d’inclusion éducative et professionnelle. Dans ce cadre, une convention tripartite a été signée le vendredi 10 avril à Diamniadio. L’accord associe le ministère de l’Éducation nationale, le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, ainsi que l’ONG Génération Saalih, dédiée à l’éducation, à la formation professionnelle et à l’entrepreneuriat des jeunes vulnérables et des apprenants des daaras (écoles coraniques).
Ce partenariat concrétise le lancement du projet ESIM‑XIDMA, une école socio‑inclusive mobile. L’initiative vise à réintégrer 200 000 jeunes âgés de 10 à 25 ans sur cinq ans, selon une publication du ministère de l’Éducation nationale.
Le programme cible des profils vulnérables. Il concerne les jeunes issus des daaras, les filles déscolarisées, les jeunes en situation de handicap et les profils ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET). Pour les autorités, ce dispositif doit corriger des inégalités persistantes d’accès à l’éducation et à la formation.
Une école mobile pour atteindre les publics invisibles
Le projet repose sur une approche mobile et inclusive. Il vise à atteindre les jeunes éloignés des structures classiques. Selon le gouvernement, l’objectif est de ne laisser aucun enfant en marge du système éducatif.
Représenté par son secrétaire général, Papa Malick Ndao, le ministère réaffirme cette ambition. Il évoque la nécessité de « ne laisser aucun enfant en marge du système éducatif ». Cette orientation concerne les zones rurales, périurbaines et les daaras.
Le programme prévoit un accompagnement adapté aux différents profils. Il combine éducation de base, formation professionnelle et insertion. Cette logique repose sur une coordination entre éducation et emploi.
Le texte officiel précise que l’initiative constitue « un levier puissant pour réintégrer et accompagner » les jeunes exclus. Le partenariat avec l’ONG Génération Saalih vise à mutualiser les expertises. L’objectif est d’assurer un déploiement opérationnel efficace sur le terrain.
Une réponse à des défis structurels du marché du travail
Le projet s’inscrit dans une stratégie nationale plus large. Selon le ministère de l’Éducation nationale, il est aligné sur l’Agenda Vision Sénégal 2050, cadre de transformation économique et sociale.
Le ministère souligne que « l’éducation et la formation sont les deux faces d’une même pièce ». Cette articulation est présentée comme essentielle pour soutenir le développement humain durable.
La situation des jeunes hors système reste préoccupante. Selon le rapport du RGPH‑5 (2024), 46,8 % des 15‑24 ans étaient des NEET, avec 55,2 % chez les femmes contre 38 % chez les hommes.
Les données révèlent aussi un paradoxe : les personnes formées dans l’informel affichent un taux d’occupation de 66 %, supérieur à celui des diplômés de la formation formelle (50,2 %).
Le secteur informel pèse sur le marché du travail. Selon l’ANSD, plus de 90 % des travailleurs occupent des emplois informels. Dans la répartition sectorielle, 49,6 % des actifs évoluent dans ce secteur. Le public en emploie 33 %, contre 17,1 % pour le privé formel.
Dans ce contexte, le taux de participation au marché du travail s’établit à 61,2 %. Selon l’ANSD, le chômage élargi a atteint 23,3 % au quatrième trimestre 2025, plus élevé en milieu rural (29,2 %) qu’en zone urbaine (19,6 %).
Les jeunes sont particulièrement exposés : leur taux de chômage atteint 27,4 %, contre 18,7 %chez les adultes. Les femmes demeurent les plus touchées, quel que soit le milieu de résidence.




















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