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Denys Bédarride
8 août 2022 Dernière mise à jour le Lundi 8 Août 2022 à 07:30

Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé, ce 14 juillet à Abidjan, un prêt de 63 millions d’euros au Kenya pour financer la production de deux millions de tonnes de céréales et d’oléagineux au cours des deux prochaines années afin de renforcer la sécurité alimentaire et la résilience économique du pays.

Ce prêt s’inscrit dans le cadre de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence de 1,5 milliard de dollars de la Banque africaine de développement, une initiative menée à l’échelle du continent africain pour éviter une crise alimentaire imminente, exacerbée par la guerre en Ukraine.

Le prêt est destiné à soutenir le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage, de la Pêche et des Coopératives du pays. Il permettra au gouvernement de fournir rapidement des engrais et des semences à des prix abordables aux agriculteurs, avant la campagne agricole d’octobre à décembre 2022 pour la petite saison des pluies et de 2022 à 2023 pour la grande saison des pluies. 

« Nous sommes heureux de présenter la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence du Kenya », a déclaré Dr Beth Dunford, vice-présidente du Groupe de la Banque africaine de développement chargée de l’Agriculture et du Développement humain et social. « Une mise en œuvre réussie de cette facilité bénéficiera directement à quelque 650 000 agriculteurs, permettant ainsi de produire 1,5 million de tonnes de céréales et d’oléagineux. Au total, la facilité aura un impact positif sur environ 2,8 millions de personnes », a-t-elle ajouté.

Le projet prévoit de fournir des semences certifiées, des engrais et des services de vulgarisation agricole aux agriculteurs afin de stimuler la productivité. Un système de coupons électroniques sera utilisé pour veiller à ce que les subventions pour les intrants soient « intelligentes ».

Une autre composante du projet permettra de fournir des garanties de financement du commerce et de générer un effet de levier sur le secteur privé afin de garantir que les engrais soient disponibles en quantité suffisante pour les agriculteurs. En plus d’accroître la disponibilité des aliments de base, le projet qui cible les petits exploitants agricoles, devrait profiter particulièrement aux femmes et aux jeunes. 

« Le gouvernement étudie les voies et moyens de résoudre le problème du coût de l’ « unga » (farine de maïs) afin de le faire baisser pour que les consommateurs puissent se l’acheter », a déclaré le secrétaire de cabinet du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage, de la Pêche et des Coopératives, Peter Munya, à propos des importations de maïs. 

Le secteur agricole demeure l’épine dorsale de l’économie kenyane. Il emploie 70 % de la population rurale et représentant environ 65 % des recettes d’exportation, bien que sa part dans le PIB ait diminué.

Pourtant, le Kenya – de même que d’autres pays d’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique – a été durement touché par les effets inflationnistes de la guerre en Ukraine, mais aussi par les invasions de criquets pèlerins et les conséquences du changement climatique et de la sécheresse. Selon les estimations, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire dans les zones pastorales et marginales du pays a augmenté de 48 % entre août 2021 et février 2022.

Ces chocs qui se chevauchent – ainsi que la pandémie de Covid-19 – ont freiné les progrès du Kenya dans la réalisation des Objectifs de développement durable.

Le 20 mai dernier, le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, qui vise à fournir des semences agricoles à 20 millions d’agriculteurs africains. L’objectif est de produire 38 millions de tonnes supplémentaires de denrées alimentaires – principalement du blé, du maïs, du riz et du soja – pour une valeur de 12 milliards de dollars au cours des deux prochaines années.

Source Banque Africaine de Développement 

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