Dans une ambition affirmée de renforcer durablement son système éducatif, la Côte d’Ivoire franchit une étape décisive en déployant sur le terrain ses nouvelles recrues scientifiques, désormais chargées de relever le niveau en mathématiques et en sciences.
La Côte d’Ivoire entre dans la phase concrète du renforcement de son personnel enseignant en déployant ses nouvelles recrues sur le terrain. Le lundi 13 avril, les 1800 enseignants contractuels en mathématiques et en physique‑chimie ont pris fonction à travers le pays. Les 1300 professeurs de mathématiques ont été formés au lycée technique et professionnel d’Ébimpé, à Anyama, tandis que les 500 enseignants de physique‑chimie ont suivi leur formation au centre d’animation et de formation pédagogique de Yamoussoukro, selon le portail officiel du gouvernement.
Deux jours plus tôt, le ministre de l’Éducation nationale N’Guessan Koffi s’est rendu à Anyama pour clôturer la formation et prendre congé des partants. Il a précisé les conditions salariales retenues. Les enseignants de collège percevront 150 000 FCFA (environ 265 $) par mois, ceux de lycée 175 000 FCFA, durant deux ans, avant une intégration à la Fonction publique. « À partir du 13 avril, comme nous l’avons promis au Premier ministre, ces jeunes devront être en classe sur le territoire national. Les affectations sont faites, les populations les attendent, les jeunes élèves les attendent », a‑t‑il déclaré.
Le ministre a aussi inscrit le déploiement dans une ambition nationale plus vaste. « Nous avons besoin d’ingénieurs, nous avons besoin de mathématiciens, nous avons besoin de scientifiques », a‑t‑il affirmé, en lien direct avec les grands chantiers d’infrastructure lancés par le président Alassane Ouattara. En réponse, leur porte‑parole Désirée Gnagne a pris un engagement public. « Nous travaillerons d’arrache‑pied afin que le niveau en mathématiques et physique puisse être élevé. Nous serons présents sur toute l’étendue du territoire », a‑t‑elle promis.
Cette mobilisation intervient dans un contexte de forte pression sur le système éducatif. Le nombre d’élèves du secondaire général a bondi, passant de 1,9 million à 3,2 millions entre les années scolaires 2017‑2018 et 2024‑2025, soit une hausse de 67,1 %. Le secteur public en accueille 36 %, contre 64 % pour le privé.
Dans le même temps, les infrastructures ont dû suivre un rythme soutenu. Le nombre d’établissements secondaires a plus que doublé, passant de 1778 à 3901 entre 2017‑2018 et 2023‑2024, tandis que les salles de classe ont progressé de 60,6 %.
Pour ces 1800 enseignants, cette intégration constitue à la fois une opportunité professionnelle concrète et une réponse directe aux besoins du système éducatif, alors que 1453 postes en mathématiques et 958 en physique‑chimie restaient vacants à la rentrée 2025‑2026, selon les données du gouvernement.




















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